Greg « Pappy » BOYINGTON

Gregory « Pappy » Boyington

 

Né à Coeur d’Alene, (Idaho) le 4 décembre 1912

Décédé le 11 janvier 1988 à Fresno (Californie) d’un cancer, il est enterré au cimetière militaire d’Arlington « Arlington National Cemetery »

Héros de la guerre du Pacifique avec le grade de Major : 28 victoires confirmées sur l’aviation Japonaise.

Emprisonné 18 mois au camp d’Ofuna à Yokohama, au secret par les japonais. Alors qu’on le croyait mort, il fût décoré à titre posthume par le président Truman.

Quitta l’armée au grade de colonel en 1947. Retombe dans une période sombre puis reprend le combat pour redevenir un homme. En 1955 il publie « Baa Baa Black Sheep » qui lui redonnera notoriété (et pas mal de divergences avec ses anciens compagnons). Il fut conseillé technique sur la série « les têtes brulées » en 1976.

Reçu la médaille de l’honneur (Medal of Honor) en mars 1944 à titre posthume. A son retour de captivité en octobre 1945 le président Truman lui remis en main propre. Il reçut également la croix de la Marine (Navy Cross) ce jour là. Naturellement il reçut aussi toutes les médailles des soldats ayant servi jusqu’à la fin de la guerre sur leur théâtre d’opération.

Boyington

Source

Source (hs)

 

 

 

L’avant guerre :

Passionné de vol (le 1er à 8ans), il lisait tous les livres sur la première guerre mondiale qui parlait de ce sujet. Il subit jeune le divorce de ses parents, ainsi qu’un beau père alcoolique. Greg Boyington parti à Tacoma en 1926 où il fit ses preuves de lutteur (il fut champion au collège) dans les salles mais aussi dans la vie. Sa mère travailla comme standardiste pour lui payer ses études. De son côté, Greg a travaillé l’été dans une mine d’or de L’Idaho pour participer aux cotisations de la fraternité « fraternité d’Alpha de Chi de Lambda ». .

Il entra à l’université de Washington en 1930, participe au ROTC (l’école de formation des officiers de réserve). Il reçu son diplôme en construction aéronautique en 1934 puis parti travailler pour Boeing comme ingénieur aéronautique.

Rentre dans le corps des Marines en juin 1935. C’est lors de son inscription qu’il réalisa avec son acte de naissance que son père n’était pas le vrai. Puis parti dans le nouveau programme naval de la marine (USMC) à Pensacola (Floride) le 18 février 1936, classe 88-C. Il se maria secrètement avec sa première femme (Helen qu’il rencontra en 1934) car l’école n’acceptait que des célibataires, elle lui donna un fils 10 mois plus tard « Gregory Clark Boyington ». C’est également à Pensacola que débuta son goût pour l’alcool, tout comme sa réputation de bagarreur. Son futur pire ennemi, Joe Smoak alias le colonel Lard fut là bas un de ses responsables et l’animosité date de cette époque.

Il reçoit ses ailes le 11 mars 1937. En profite pour retourner se réconcilier avec sa femme Helene qui lui donnera son 2eme enfant. Part dans la VMF-1 en 1938 pour Quantico (Virginie) puis VMF-2 à San Diego (Californie). Là bas il obtient le surnom de « Rats » en rapport à une ressemblance avec un personnage de « Ratoff eneral ». Il quitte l’armée de réserve le 1 juillet 1937 pour pouvoir être accepter le lendemain dans le corps des marines régulier comme lieutenant. C’est également là bas qu’il devient un champion en battant le champion de la marine au « gun camera competition ».

Affecté à Pensacola en 1938 comme pilote instructeur, il passa 1er lieutenant le 4 novembre 1940. Sa vie (alcool, femme, jeu, bagarres…) devient vite incompatible avec celle de l’armée où il faillit se faire jeter dehors. Il fut sauvé par Claire Chennault qui visita Pensacola en été 1941 à la recherche de volontaire pour la CAMCO (Central Aircraft Manufacturing Company) qu’il montait en Asie pour défendre la Chine de l’invasion Japonaise. Il démissionna le 26 aout 1941 pour le rejoindre.

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Décoration Source

Presse Source
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Presse, faux retour de misson Source

 

 

 

La Chine et les Tigres Volants de Chennault :

Pour la petite histoire, voici l’origine des dents de requin dessinées sur les P40 des Tigres Volants :

Eric Shilling, 25 ans, découvrit dans un journal (à l’occasion d’un repas chez un voisin missionnaire) une photographie d’un Messerschmitt 110 de la Luftwaffe, unité Haifischgruppe (groupe des requins).

Il décida d’orner le nez de son P-40 d’une gueule géante de requin surmonté d’un oeil menaçant. Il demanda à Chennault si son groupe pouvait recevoir le même ornement en emblème. Chennault appréciant l’idée, décida de décorer carrément toute l’escadre des Tigres Volants.
Sources : L’extraordinaire histoire des tigres volants Un site très détaillé sur cette époque, riche en renseignements et très bien rédigé.

La Chine était envahie par le Japon depuis 1937 où elle livrait un combat acharné. Pour se défendre, elle fit appelle à des « conseillers » militaires notamment américains. Chennault y fut invité par madame Chiang Kai-shek et y fonda la CAMCO qui pour des raisons légales, était une compagnie civile destinée à la protection de la route de Birmanie (En fait le gouvernement américains ne pouvait intervenir dans un conflit alors qu’il n’était pas en guerre avec le japon à l’époque, donc il montait cette société en grand secret). Devenue opérationnelle, la CAMCO prit le nom d’AVG (American Volunteer Group), les fameux tigres volants étaient nés. Dès 1938, Chennault recruta des pilotes parmi les rejetés de l’armée, les pilotes civils en rupture de contrat, américains ou étrangers. Les premiers pilotes partirent le 7 juillet 1941 sur le paquebot hollandais « Jaegersfontaine ».

Un deuxième groupe les suivit le 26 août, dedans Boyington, il avait 28 ans. Arrivés à Rangoon en septembre, les pilotes firent des ravages dans les boites et bars de nuit de Batavia et Singapour, semant la zizanie à chaque fois. On ne pouvait pas en attendre moins de pilotes attirés par l’appât du gain. Après plus de 250 km de voyage en train, ils arrivèrent enfin à la base de la RAF de Toungoo.

Ils combattirent vaillamment avec des machines dépassées, presque sans approvisionnement, avec la malaria et autres plaisirs de ce type dès le 20 décembre 1941.

Boyington vola sur le fameux Curtiss P-40 (escadrille Adam et Eve) durant son engagement en Chine, il effectua sa première mission sur Rangoon le 26 janvier 1942 où il fut pour la première fois touché au combat. Le 29 janvier il abat 5 avions dont 2 confirmés. En avril 1942, il quitte l’AVG, trop de problèmes relationnels avec Chennault.


L’AVG fut intégré à ‘l’Army Air force » du général W.Stilwell le 4 juillet 1941. La plupart des pilotes démissionnèrent, ne voulant pas être enrôlés dans l’armée régulière. Seuls 5 pilotes restèrent, l’AVG était dissout.

 

Retour aux USA :

Le retour de Boyington aux USA en cet été 42 se passa mal. Il se retrouva à Seattle en attente d’affectation. Sans rémunération puisqu’il ne figurait toujours pas sur les fiches de paie de la marine, il épuisa son épargne et du se remettre à travailler en garant des voitures pour 0,75$ de l’heure. C’est à son retour également qu’il rencontrera sa 2eme femme : Lucy Malcolmson qui inspira bien plus tard un surnom devenu célèbre : « Lucybelle »

En janvier 1943, lassé d’attendre ses ordres, il contacta directement le haut commandement de la marine pour connaître sa situation réelle. Il reçut 3 jours après son affectation aux corps des marines ainsi qu’un galon de commandant pour la VMF 122 qu’il dirigea d’avril à mai 1943 (que Smoak lui retira à cette date) sans aucun contact avec l’ennemi . Il appris bien plus tard que en fait, c’était un officier de haut rang qui avait rédigé un ordre stipulant que tous les membres de l’AVG pouvait être considéré comme déserteur et devaient être mis au placard par précaution. Boyington, fidèle à lui même, explosa et le traita de « fils de chienne », rajoutant qu’il avait conquis ses galons par d’autres moyens que au combat comme ceux de l’AVG.

En été 43, la marine a besoin de plus en plus de pilotes pour ses Corsairs dans le théatre du pacifique sud. Boyington participa à la VMF122 mais fut blessé.

Après quelques démêlés, il « obtena » le commandement de la VMF 124 et parti pour le pacifique sud. Le reste, c’est l’histoire de la VMF 214 devenue les brebis galeuses, où il reçu le surnom de Pappy.

A propos de ses surnoms, il a d’abord été surnommé « Rats » apparemment pour une ressemblance à l’acteur russe Gregory Ratoff, puis Gramps et Pappy.

Il est à noter que Boyington apporta de nouvelles tactiques de combats pour lutter contre les zeros, provenant de son expérience en asie. Il rendit son escadrille la plus célèbre des marines dans le pacifique. On raconte qu’il mettait des miettes de tabac dans ses paupières pour garder les yeux ouverts en vol tellement les combats et la vie étaient durs et fatiguaient les pilotes.

Lorsqu’il fut abattu par les zeros, il venait juste de protéger son ailier (Ashmun) qui se posait sur la mer. Boyington fut touché peu après au réservoir, l’obligeant à sauter en parachute. L’histoire raconte qu’il fut mitraillé par les japonais et laissé pour mort sur les flots. Il reçu une balle qui lui brisa la cheville, d’autres dans un bras et dans l’aisne

Il ne gonfla son canot de sauvetage que 2 heures après la fin des combats. Il fut recueilli par un sous-marin japonais à la tombée de la nuit et fut interné au camp d’Ofuna pendant 18 mois sans que les japonais avouent le détenir. Ses compagnons le croyaient mort.

Sa vie au camp est une bonne question. certains sites racontent qu’il aidait et soutenait ses compagnons, d’autres le font passer pour un lèche-botte auprès des officiers nippon.

Présumé mort, il reçoit la médaille d’honneur (la plus haute distinction pour un militaire) par le président Roosevelt en mars 44.
Il reçoit en main propre après sa libération la médaille d’honneur par le nouveau président Truman.

Pour son héroïsme extraordinaire et son sens du devoir en qualité de commandant de la VMF 214 engagé contre les forces Japonaises dans la zone des Solomons centrales entre le 12 septembre 1943 et le 3 janvier 1944. Constamment surclassé en nombre à l’occasion de missions dangereuses en secteur ennemi fortement défendu, le Major Boyington a frappé l’ennemi avec audace et et une courage, conduisant son unité au combat avec des résultats dévastateurs sur les navires ennemis, les installations côtières et les forces aériennes. Résolu à infliger le plus de dégats possibles à l’ennemi, le Major Boyington a conduit sa formation de 24 chasseurs au-dessus de Kahili le 17 octobre et cerclant au-dessus de l’aérodrome où était basés 60 appareils, laissa à l’ennemi le temps de décoller pour les affronter en combat aérien. Sous son commandement, nos appareils ont abattu 20 appareils ennemis sans perte pour nous. Aviateur de grand talent et chasseur déterminé à se battre même dans des conditions défavorables, le Major Boyington a personnellement abattu 26 appareils ennemis à ma tête de son unité et par son exemplarité a développé un mode de commandement aggressif qui fut un facteur déterminant dans la stratégie employée sur ce théatre des opérations.

FRANKLIN D. ROOSEVELT (Source cieldegloire.com )

 

Libéré le 29 aout 1945, il est réintégré avec le grade de lieutenant colonel le 6 septembre dans le service actif chez les Marines.

Après une tournée aux USA, il est affecté à Miramar en Californie. Il se retirera du service le 1er aout 1947 avec le grade de Colonel. Un peu aidé car il ne supportait plus la vie « au calme », il était retombé dans l’alcoolisme et les baguarres qui avaient forgé sa réputaton d’avant guerre.

Après 8 ans il parvient à surmonter ses démons et repilote à nouveau. Parution d’un livre sur sa vie en 1958 « Baa Baa Black Sheep ». En 1976 Stefen J.Cannell adapte son histoire (très romancée) pour la télévision : « Les Têtes Brûlées » où BOYINGTON fait 3 apparitions (épisodes 16, 23 et 30). Il a le poste de conseiller technique sur la série.

 

Ses médailles :

Medal of Honor
Navy Cross
American Defense Service Medal
Asiatic-Pacific Campaign Medal
American Campaign Medal
World War II Victory Medal

 

L’avion de Boyington :

Contrairement à ce que voulait laisser croire la propagande militaire américaine, Boyington comme tous ses coéquipiers n’a jamais eu de numéro d’avion attitré, le 86 n’est qu’une façade destinée à la presse, idem pour le 883. Il parait même d’après 2 sites que Boyington prenait toujours l’appareil en moins bon état …

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Son avion durant l’AVG : P40 81A-2, SN : P-8182, n° 21

Source

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F4U-1A, SN : 17883, n° 883 « Martha »

Source US gouv

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F4U-1A, SN : 18086, n° 86 « Lucybelle »

Source US gouv

 

 

 

La réalité est tout autre car le pacifique sud est un grand chantier, les japonais interceptent eux aussi les convois. Les approvisionnements sont durs en armement essence et pièces détachées. Sans compter que les bases sont quelques fois comme la 214, un peu isolées.

Chaque pilote prenait un avion en état de vol, c’était souvent limite d’ailleurs à cause de ces problèmes d’appro et les mécanos travaillaient sans relâche pour maintenir en état de vol une vingtaine d’avions.

Vous pourrez découvrir le Corsair F4u dans une partie consacrée à son histoire, mais sachez cependant que c’est grâce à la robustesse de cet appareil que les marines purent lutter contre les zeros des nippons. L’avion américain était capable d’encaisser des dégats, plus que la plupart des avions de l’époque.

Pour en revenir au nom de son avion, ce fut Lucybelle (puis Lulubelle, certainement suite à une erreur de la propagande mais qui restera), en hommage à une maîtresse (Lucy Malcolmson), tout simplement.

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Pour l’anecdote cette maîtresse serait envolée avec 15 000 $ de Boyington, c’est pour cette raison qu’il disait parfois qu’il avait 15 000 raisons d’oublier Lucy, chacune de ces raisons valant 1 dollar.

Son histoire est très controversée, ce qu’on a dit de lui, ses exploits de guerre, la série TV où sa période combattante au sein de la vmf 214 fut décrite, jusqu’à sa biographie.

Alcoolique, joueur, bagarreur, dragueur, n’aimant pas l’autorité, ne remboursant pas ses prêts, bref vraiment détestable d’après un grand nombre d’articles récupérés sur le net.


Pourtant tous ces articles s’accordent à dire que si en temps de paix il fut un voyou, il n’en demeure pas moins qu’il su prendre ses responsabilités en temps de guerre.

Source

« Just name a hero and I’ll prove he’s a bum. »

« Montrez moi un héros, je vous montrerai un pauvre type »

G. BOYINGTON

Boyington7

2 Commentaires sur “Greg « Pappy » BOYINGTON

  1. Je vais faire le Portrait du F4U de Pappy, je serais honoré de vous tenir au courant et de le poster sur le site,

    A bientôt,

    Gérard

  2. Page du journal d’un pilote japonais Tomio ARACHI retrouvé dans la cave d’une maison du Wisconsin ayant appartenu a Boyington

    8 décembre 1943:

    « Nos sorties sont de plus en plus fréquentes et lointaines. On sent que quelque chose se prépare. AKAMATSU est soucieux et taciturne. Lui habituellement si calme et souriant… Il nous attend sur le pont supérieur à chaque fin de mission après l’appontage pour un débriefing. A peine le temps de descendre de nos appareils, de se déboutonner en courant, d’enlever nos parachute et nos casques remplis de sueur, monter les escaliers qu’on doit rendre compte de tout: Position de bateaux suspects, végétation modifiée trop rapidement pouvant cacher avions ou pièces d’artillerie, messages radio ennemis captés…Mais nous ne voyons rien de tout ça. » [.]

    « Hier, nous avons poussé vers l’est pour l’ escorte d’un Betty, sur la petite île de Moka, suspectée d’accueillir un contagent américain: Cap au 50 pour rejoindre le bomber alourdi par ses bombes puis au 80 vers notre destination.

    Nous grimpons lentement, mon ailier, le Betty (comme disent les yankee) et moi au dessus des nuages. Le bruit de nos moteurs m’assourdissent et me rassurent. Je regarde du coin de l’oeil l’ A6M5 de Hosake ISAO, mon ailier, un gamin de vingt ans plein de fougue et prêt à en découdre, sans perdre de vu le plus gros d’entre nous. Une heure que nous volons. Je me prête à rêver en regardant son zéro rebondir gracieusement sur l’air froid. Ma main effleure le katana de mon grand-père quand mes écouteurs hurlent: « Largage dans 12 mins ». La réalité revient d’instinct. Un vague regard sur l’altimètre et je cris: « surpresseur sur deux ». Nous sommes en terrain hostile. Je reprend la réalité en face. Il fait froid. Hosake regarde partout. Les canons des mitrailleurs bougent de tous côtés. En bout de ciel, à nos deux heures, haut, dans le soleil, trois reflets attirent mon regard. Ils grossissent et foncent sur nous: « Contacts, contacts!!! ».Les consignes de combat sortent de ma bouche mécaniquement. Je pique pour éviter les traçantes qui sifflent autour de mes ailes alors que ISAO monte et passe sur le dos. Ils passent violemment dans nos huits. Des flashs de lumières sortent de l’arrière du G4M1. Je tire sur le manche et pousse le palonnier à gauche et me retrouve tête en bas. Mon ailier entame un split S. Je fais un demi-tonneau Nous nous retrouvons cote à cote, face à ceux qu’on distingue maintenant: Ce sont des Corsairs. Ils ont viré comme des fous et ont perdu leur énergie. Leurs moteurs en étoile crachent une épaisse fumée noire et se dirige vers nous. Le Betty poursuit son cap est-nord-est…T-10 mins.

    « WEP engagée »! J’arme mes mitrailleuses. Un des trois ennemi monte et semble couvrir ses coéquipiers. Ces derniers passent de part et d’autre de nos ailes dans un vacarme assourdissant. On semble ne pas les intéresser. Il virent à gauche et se dirigent vers notre bombardier qui a pris un peu de distance. Nos deux A6M5 pivotent à droite et se glissent derrière les deux corsairs. T-9 mins. Nos machines sont a leur maximum. Nous gagnons du terrain mais ils sont déjà sur le Betty qui se défend tant bien que mal. Les deux F4U s’abattent sur leur proie. Leurs balles pleuvent et disloquent le revêtement de l’aile gauche près du moteur. Nos avions sont en position de tir. « Je prends celui de droite! » dis-je à la radio. « Hosake prend l’autre! ». « On engage! ». T-6 mins. Les corsairs font des tonneaux pour esquiver notre attaque. ISAO appuie sur la si petite détente en bout de manche et des flammes sortent de ses cannons: des morceaux de verrière du Corsair semblent voler sans lui puis une épaisse fumée noire le dissimule. T-4. « Je l’ai eu, je l’ai eu!!! » hurle ISAO dans mon casque. D’instinct, je regarde derrière: Le troisième Corsair, resté en haut, pique sur ISAO et le touche. Il passe en dessous. « Je sais qu’il est là, il doit être là… » me dis-je tout bas. Soudain, le F4U remonte devant moi. Sans réfléchir, j’appuie sur le bouton rouge du manche. Mon avion tremble de partout. Mes cannons ont touché une de ses ailes et un morceau de sa dérive arrachée frôle mon cockpit. Il perd de l’altitude. T_4 mins. Je suis en sueur malgré le froid. Le pilote du corsair a l’air de ne plus contrôler sa machine. Je le suis des yeux quand il descend lentement.

    T-1mins. Message rassurant à la radio d’ Hozake qui semble aller bien. Les deux consairs abattus se rejoignent du mieux qu’ils peuvent pour s’éjecter ensemble alors que le troisième les accompagne pour donner leur position au Air Rescue. On décroche.

    « Largage! ». Des lueurs irréelles illuminent le sol de Moka puis un nuage de fumée grisâtre s’élance dans le ciel. Un « Dans le mille! » sort du Betty satisfait. Pas de DCA: Ouf! Demi-tour, on rentre. Nous revenons vidé. Après une estimations des dommages, nous sommes tous rassuré: nous avons eu de la chance pour le coup… Après les rires gras et les félicitations, le silence à la radio est pesant. La peur nous envahie ainsi que ce froid qui nous mord. On sait que dans une heure, la chaleur sera là, un repas nous sera servi, un verre de saké rempli, que le ronron du moteur du porte-avion nous bercera mais nous savons aussi pourquoi le corsair est appelé la mort sifflante…

    J’ essaie de penser à autre chose…Quel jour on est aujourd’hui ? Euh…A oui, le 7 décembre…deux ans déjà »…

    Source; https://sites.google.com/site/macker1968/mission2

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